Gomba Rigaud, je remercie mes échecs !

Apprendre á Réussir Série d'interview sur le succès

 

Julien Kabangu: Qui est GOMBA RIGAUD?

Gomba Rigaud: Je suis GOMBA RIGAUD, né d’une famille de 5 enfants dont je suis l’aîné. J’ai eu la grâce de faire des études, j’ai une licence en relations publiques internationales, une autre licence en sciences d’information et de la communication et un master 2 en communication institutionnelle et politique. Ce qui me permet pratiquement après 12ans d’expérience professionnelle d’être expert dans mon domaine et j’ai eu à travailler dans les agences de communication, trois grandes agences durant mon parcours. La première était représentée dans certains pays, la deuxième était encore plus grande et la troisième était immense car elle était représentée à travers le monde. J’ai aussi de l’expérience dans les institutions internationales, 2 institutions, une à l’étranger et une autre ici au pays. Ça a été pour moi une très belle expérience et aujourd’hui j’évolue en freelance comme consultant et cela m’a permis d’envisager les choses différemment. J’ai des projets pour lesquels je suis en train de travailler dans le cadre de l’entreprise mais pour l’instant je continue à vendre mes services au travers de la consultance.

Julien Kabangu: Quel est cet élément qui distingue les leaders qui réussissent, qui ont un impact positif des autres ?

Gomba Rigaud:  Une des choses qui fait la différence, je crois que c’est la constance. La constance est une machine, qui fonctionne très bien avec la discipline, avec l’apprentissage et qui fonctionne très bien avec le besoin de s’ouvrir au monde. Elle permet de rester sur le marché, avec vos succès et vos échecs, vous apprenez, vous ne lâchez pas et vous continuez jusqu’à achever quelque chose. Lorsque vous êtes constant vous apprenez beaucoup. Je prends mon cas, Dieu seul sait aujourd’hui le nombre des concepts que je découvre dans le domaine de la communication politique particulièrement. Je découvre des choses formidables, que je ne pense pas avoir apprises à l’université ou dans les grandes écoles où je suis allé.

Parce que le monde avance tellement, il se développe chaque jour, et je pense que si vous n’êtes pas constant, si vous ne vous ouvrez pas au monde pour apprendre ça va être difficile pour vous surtout si ne vous n’êtes pas discipliné. J’ai des moments que j’appelle « moments de concentration », il y a des périodes où je suis monsieur tout le monde et d’autres périodes où je disparais et mes collaborateurs très souvent se plaignent de ne pas me voir. Ces moments sont pour moi des périodes d’hibernation, je m’enferme dans mon petit monde et j’apprends au bout d’un mois ou deux et je sors de là avec de nouvelles idées et ça demande de la constance, ça distingue énormément. Lorsque vous observez les autres leaders dans le monde, vous remarquerez que leur parcours est marqué par la constance. S’ils avaient abandonné, cédé aux discours des autres, je ne pense pas que beaucoup seraient appelés « leaders » aujourd’hui dans le monde. Et c’est celle-là la nette différence, il est important que je souligne aussi le fait que cette machine est habillée de trois choses la discipline, l’apprentissage et cette ouverture dans le monde et vous apprenez énormément.

 

 

Julien Kabangu: Quels sont les éléments qui caractérisent un communicateur efficace ?

Gomba Rigaud: Chacun donnera sa définition, mais j’ai la mienne. J’ai eu la grâce de passer par une bonne école, je fais ici allusion aux personnes que j’ai rencontrées, qui avaient de l’expérience dans le domaine de la communication et qui m’ont apporté énormément. J’ai eu aussi la grâce d’être dans une résidence artistique dans un pays d’Europe et là il y avait plusieurs experts en communication réunis venant de 17 pays. Après avoir travaillé ensemble, est née l’expression qui me qualifie de communicateur efficace, car c’est en fait un groupe de travail existant depuis 2006 et qui fonctionne jusqu’aujourd’hui. Et nous sommes encadrés et suivis, pour mon cas j’ai deux mentors qui suivent mes actions, m’orientent et m’encadrent.

Pour répondre à la question posée, je dirai que ce qui caractérise un communicateur efficace c’est le fait de maîtriser ou  d’apprendre le contexte avant de pouvoir communiquer. Je le répète à qui veut l’entendre, si vous ne savez pas contextualiser, vous ne saurez pas communiquer, un bon communicateur efficace est quelqu’un qui prend le temps de contextualiser et cela lui permet d’avoir des éléments. Car vous avez en ligne des questions culturelles, de mentalités et de comportements. Vous ne pourrez communiquer à Kinshasa de la même manière que vous le faites à Abidjan par exemple, même à Kinshasa vous ne pourrez pas communiquer de la même manière à Selembao qu’à Gombe, ou encore à Lubumbashi ou en Equateur. Il faut donc comprendre la question culturelle, les réactions des gens, leur besoin et pour ça il faut une étude de contexte.

Premièrement un communicateur efficace est celui qui comprend le contexte, et deuxièmement il répond au besoin par rapport au contexte sans en sortir, par exemple si votre public cible est constitué des footballeurs, pourquoi iriez-vous communiquer dans un marché ? C’est mieux de communiquer quand il y a match de foot car là il y a des footballeurs, aller aux terrains d’entrainements et dans des clubs. Et troisièmement un communicateur efficace c’est quelqu’un qui exige des résultats, j’ai eu un directeur d’origine sénégalaise qui me disait toujours « tu dois avoir des résultats, négatifs ou positifs, il faut les avoir » car cela vous permettra de simplement devenir meilleur la prochaine fois que vous ferez un plan. Maintenant il y a aussi des aspects, des attitudes qui entrent en ligne de compte, je les appelle « compétences additionnelles », cela peut être savoir bien parler, savoir tenir des réunions,  etc . Pour quelqu’un qui exerce dans le métier de la communication, il lui faut ces 3 clés, car elles l’aideront énormément et spécialement la troisième qui consiste en l’obtention des résultats positifs ou négatifs, fera de lui quelqu’un de meilleur dans le futur.

Julien Kabangu: Quels sont les angles sur lesquels vous comptez vous focaliser dans les prochaines années ?

Gomba Rigaud: J’ai un plan de carrière, et aujourd’hui j’ai pris une décision et je vais rester constant dans cela. Premièrement je veux vendre l’expertise congolaise, car je vois à l’international combien nos frères brillent formidablement et je voudrais bien vendre cette expertise. J’ai personnellement été deux fois consultant pour des structures internationales en dehors du pays et cela m’a permis de vendre l’expertise congolaise et je voudrai y travailler ces dix prochaines années. Il est vrai que nous avons une meilleure réputation par la musique, c’est un produit que nous vendons depuis des années. Il y a pal mal d’aînés aussi dans les institutions internationales ou chez les privés qui brillent et je crois qu’il est important de canaliser les expertises que l’on peut vendre parce que la RD Congo ayant 80 millions d’habitants que j’appelle autrement consommateurs, nous permet de nous rendre compte de beaucoup de réalités et en d’apprendre aux autres.

Prenons l’exemple de la commune de Bandal, personnellement je la compare souvent aux quartiers chauds d’Abidjan Treichville et autres. Si vous arrivez donc à vendre vos produits, vos compétences dans cette commune, vous avez un autre pays dans lequel vous pourrez vendre les mêmes produits et compétences. J’apprends de mon pays et je vais vendre à l’international, car j’y ai été, j’ai connu beaucoup de choses, des succès comme des échecs et je viens partager cela avec mon pays et en même temps ce qui est formidable dans ma Nation est qu’elle est remplie de richesses en ressources humaines et vous n’avez pas idée. Je rencontre des personnes formidables. Je ne sais pas pour les autres qui sont revenu au pays et qui rencontrent très souvent des déceptions mais personnellement depuis que je suis rentré au pays il y a 4 ans, j’ai rencontré sur 100% peut être pas plus de 10% de déception. Les 90% je les donne à des rencontres formidables  et de succès car j’ai beaucoup appris.

Depuis mon retour, je découvre dans mon domaine des personnes formidables et des choses formidables. L’autre aspect de mon plan de carrière, c’est vendre des services au travers de la république. Certaines personnes ont des produits qu’elles transforment pour vendre, cela fait partie de l’entreprenariat, par exemple des céréales ou des oléagineux que l’on transforme en huile de sésame, de tournesol, etc.

Mais le service que nous vendons est transformateur, nous vendons du coaching qui comprend le développement personnel (très demandé du public). Les gens ont beau raconter ce qu’ils veulent de ce métier noble mais ces mêmes personnes viennent en cachette vous exposer leur besoins et solliciter votre aide et généralement je rigole car je me dis que je n’ai pas à défendre ce métier.  Je le laisse  se défendre de lui-même.

Depuis dix à onze mois je suis satisfait du prix auquel je vends mes services, je suis content d’être demandé de coacher un individu, une entreprise et dans le domaine dans lequel j’exerce le mieux qui est la communication politique. Je commence à travailler à résoudre des crises institutionnelles et politiques dans mon pays et pas à l’étranger voyez-vous ? Et je voudrais y travailler encore, car en travaillant nous apprenons énormément, nous rencontrons des obstacles, et par moments nous nous retrouvons  face à des situations qui nous limitent. Je viens de connaître une très belle expérience à l’intérieur du pays pendant au moins deux mois et demi, j’étais très exposé et j’ai découvert mes limites dans certains domaines. J’ai compris et changé de tactique.

Aujourd’hui je peux réussir une campagne politique ou institutionnelle parce que mon pays m’a beaucoup apporté été je crois qu’il y encore le besoin. Par là j’encourage ceux qui exercent le métier de consultant, coach dans un domaine spécifique, je les encourage parce que nous avons quatre-vingt millions de demandeurs et si chacun de nous pouvait en avoir cent mille ça serait quelque chose de formidable. Et par la même occasion j’encourage  mes confrères de s’ouvrir au-delà de Kinshasa car nous sommes tous concentrés ici, Kinshasa est constituée d’environ 14 millions d’habitants et peut être que ceux qui sont dans le besoin sont autour de 4 ou 5 millions et si on pouvait partager ces personnes, chacun aurait peut-être cinq cent ou mille personnes pour un travail de coaching et c’est un métier d’avenir.

Julien Kabangu: Quel a été le déclic ? L’élément qui a tout déclenché, et à quelle période de votre vie ?

Gomba Rigaud: Au départ je suis encouragé à faire la médecine, et j’en fais quelques années. Et à l’époque je me retrouve à la clinique Sacrameto à Kitambo en tant que stagiaire et je devais assister à un accouchement pour la toute première fois. Et après l’accouchement de cette femme dont je n’oublierai le visage, je m’évanouis par ce que j’avais vu et ressenti car l’émotion était tellement forte. Et à mon réveil, j’ai parlé au médecin directeur, je lui ai dit que je ne pouvais pas faire la médecine, si je ne pouvais pas supporter de voir une femme accoucher à combine plus forte raison je supporterai voir d’autres choses qui sont encore plus compliquées dans ce domaine.

Je n’oublie jamais la question qu’il m’a posé ce jour-là, il m’a demandé « qui tu veux devenir ? » et je lui ai répondu que je voulais être dans un domaine dans lequel je parle aux gens, je fais des choses avec les gens, je ne trouvais pas en fait des termes appropriés car j’étais jeune. Je devais avoir entre 20 et 21 ans, je ne savais pas bien l’exprimer. J’ai alors consulté le feu frère à mon père et il m’a dit « tu dois soit faire la politique, la diplomatie ou le journalisme, fais un choix entre les trois ». Mais après quand j’ai eu l’occasion de choisir, j’ai choisi de tout faire (les sciences politiques de l’information, les relations internationales et la politique).

Le déclic pour moi est parti des choses que j’ai vues de mes yeux et sincèrement je peux dire que c’était l’entrée de l’AFDL et le départ du maréchal. Il n’y avait pas d’exactitude dans les informations car on ne savait pas ce qui se passait. Ensuite j’ai commencé à suivre des émissions dans lesquelles on parlait de ces sujets et au bout de trois ans, j’avais le sentiment que je pouvais dire des choses, ce sentiment là qu’il y a certaines choses que je pouvais dire à ma manière. Et c’est ce qui me permettra à l’époque, de 2000 à 2005, pour les personnes qui étaient avec moi et qui s’en souviennent, je parlais beaucoup de mon pays.

Car je suis un nationaliste, raison pour laquelle j’ai choisi pour modèle politique Thomas SANKARA. J’ai fait pas mal de recherches, j’ai commencé à comprendre ce qu’était le Mobutisme et au final je me parvenu à cette question « pourquoi suis-je congolais ? ». Et aujourd’hui même quand j’ai choisi de faire ma maîtrise dans un domaine c’est pour répondre à un besoin dans mon pays. Donc le déclic pour moi est parti de là, l’entrée de l’AFDL et le départ du maréchal Mobutu.

Julien Kabangu: Que diriez-vous à vos lecteurs ? Il y a pas mal de jeunes qui sont emportés par la distraction et n’ont pas de focus, pas de repères. Quel  message vous avez pour eux ?

Gomba Rigaud: J’ai deux conseils que je donnerai. Premièrement chacun des lecteurs est investi de quelque chose,  ils existent pour une raison et il faut la découvrir. Et une fois cette raison découverte, il faut la mettre au service de soi-même et du monde. Pour arriver à cela il faut que l’homme se découvre lui-même, si je n’avais pas été à l’étranger pour une période précise, il y a des choses que je n’aurais jamais découvertes en moi. Mais cette période où j’étais comme isolé, m’a beaucoup aidé.

J’ai l’habitude de dire que la solitude est dangereuse pour celui qui a un problème avec  sa conscience mais elle est profitable pour celui qui pense avenir.

Qu’ils prennent donc le temps de parler avec eux-mêmes, de cesser un tant soit peu de la distraction et d’avoir un temps pour eux même, un temps face à eux même pour découvrir ce qu’ils sont réellement et pourquoi ils existent. Et lorsqu’ils y parviendront, ils mettront au service  du monde tout ce qui est enfoui en eux. Ma joie est immense lorsque mon téléphone sonne et qu’on me demande de répondre à un besoin dans une institution de la place, cette joie n’est comparable à aucune somme d’argent.

Mais ma joie est encore grande quand je suis rémunéré à ma juste valeur, à la hauteur de ce que je fais, ça me réjouis et même quand ce n’est pas le cas. Car je sais dans le fond que j’ai répondu à un besoin. C’est formidable que vous rencontriez un couple qui a plus d’années de mariage que vous mais que vous soyez capable de les aider. Au bout de trois semaines ils sont revenus me voir, me disant que mes conseils leur ont été d’une grande aide, aujourd’hui mon épouse et moi avons résolu quelques différends que nous avions. Dites-moi quelle somme d’argent est comparable à cela.

Quand vous avez géré une crise dans une institution, et que quelques jours après vous voyez la presse expliquer comment ladite institution est sortie de la crise. Bien que votre nom ne soit pas cité, dans le fond vous savez que c’est vous qui avez apporté la solution, cela vous réjouit.

Donc voilà ce que je voudrai dire aux jeunes gens, travaillez avec vous-mêmes, travaillez à vous découvrir, connaître la raison de votre existence et une fois que vous l’avez découverte mettez là au service du monde sans oublier que cela doit aussi vous servir.

Et pour que cela vous serve permanemment il faut trouver des compétences additionnelles qui vous permettront de devenir meilleur chaque jour.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *