Faire route avec Blanchine

Série d'interview sur le succès

En ce mois de la femme, j’ai eu l’honneur d »interviewer Madame Blanchine Mazanga qui contribue énormement au développement  des entreprises, organisations religieuses et  des individus.

Blanchine Mazanga est coach professionnelle, mentor, formatrice, motivatrice et C.E.O (Chief Executive Officer) de SOURCE CREATIVE

Je suis une passionnée de la vie et je crois fortement en l’excellence.
Je crois en un monde animé par la culture du partage et de la volonté d’être une valeur-ajouté pour son prochain.
C’est ainsi que je travaille à construire ce monde chaque jour grâce à mes fortes capacités multitâches, à mon sens de l’initiative et de l’innovation, à ma volonté de contribuer dans un environnement axé sur le travail d’équipe et l’excellence.
Je possède une capacité à communiquer efficacement et de fortes compétences pour créer des réseaux efficaces, contribuer à résolution de problèmes,à la planification et à la réflexion stratégique. Je suis ouverte vers le monde et je m’adapte rapidement à de nouveaux environnements ce qui me permet d’offrir des services de qualité à une clientèle variée.
Ma société SOURCE CREATIVE, créée en 2011, s’appuie sur mes 16 ans d’expérience professionnelle en RDC et ailleurs; pour offrir des services aux organisations et aux individus afin qu’ils deviennent hautement performants au travers le changement.
Les services aux entreprises consistent en:
– la création des stratégies pour une gestion efficace des ressources humaines et matérielles;
– la gestion de la relation avec la clientèle;
– le développement des livrables de déploiement tels que la communication, la formation, etc.
– le soutien à la création et la planification des projets
# l’accompagnement des particuliers vers le développement de leur plein potentiel aux travers de:
– programme de mentorat et de coaching
– formation sur les thématiques de leadership et développement personnel
Mon objectif est de travailler dans un environnement où je me sent valorisée et là où je peux créer de la valeur. J’aime les nouveaux défis. L’argent n’est pas le seul conducteur qui me fait sortir du lit le matin, la passion l’est. Et j’ai hâte de rencontrer de nouvelles opportunités comme un moyen d’évoluer dans ma carrière et de partager mon savoir/expérience.

 

 

 

Julien Kabangu : Parlez-nous du coach Blanchine, et de ce qui l’a motivée à être la personne influente qu’elle est aujourd’hui ?

Coach Blanchine : Mme Blanchine était, il y a une vingtaine d’années une fille très timide et mal dans sa peau à cause de certaines expériences personnelles et plusieurs choses en famille qui peuvent faire qu’un enfant sois renfermé.

Je me suis retrouvée en Europe avec mon père et ma grande sœur entre les mains de ma belle-mère, qui elle aussi apprenait à être mère. C’était donc beaucoup de choses et surtout quand tu viens de l’Afrique, tu es entourée de blancs, tout cela a contribué à ce que je sois vraiment fermée.

J’ai grandis comme ça et en retour je me suis beaucoup concentrée sur les livres pour fuir les gens. Et je dis toujours que je suis intelligente par défaut, peut être que si je n’étais aussi renfermée je n’irai pas lire si souvent. Je n’arrivais pas à être au milieu des gens tellement que j’étais limite agoraphobe, complexée, tout ça était un mauvais mélange.

Je passais plus mon temps dans les bibliothèques, après les cours je disparaissais et à force de lire, j’ai beaucoup appris, me suis ouverte à beaucoup de choses que je gardais pour moi-même. Car c’était mon petit monde à moi, il m’aidait à m’enfuir et me refugier dedans quand je n’aimais pas ce qui se passait dehors.

Et à mon retour au Congo, le déclic a été ma rencontre la personne que j’appelle mon père spirituel, j’étais encore très timide et c’était un éducateur de formation alors il savait comment parler aux gens. En petite fille timide que  j’étais, il a commencé à m’appeler « grande dame » et je me questionnais toujours « moi, grande dame ? ».

Un jour alors il me dit que je devrais commençais à l’interpréter, pour moi c’était wow car c’était une personnalité (ceux qui me connaissent savent de qui je parle). J’étais la petite fille à côté d’un homme géant et imposant, mais tout cela m’a donné de l’assurance au fait qu’un homme aussi important trouve quelque chose en moi. J’ai donc commencé à m’explorer.

La carrière professionnelle aussi m’a donné beaucoup de confiance en mois à travers des formations et du mentorat non officiel que j’ai eu de la part de mes boss, car j’étais dans des postes préliminaires que l’on appelle « personnal assistant ». Ce qui faisait à ce que je sois au contact des hommes très intelligents, dynamiques et je devais donc suivre le rythme. C’était des personnes qui m’emmenaient dans le secret de leur travail et j’ai commencé à voir comment un esprit intelligent réflechi.

Ces personnes ne me limitaient pas à mon poste de « personnal assistant », elles m’introduisaient auprès d’autres directeurs. Et donc cette mise en confiance par des hommes imposants m’a fait comprendre que j’avais quelque chose car ce genre de personnes n’acceptaient pas n’importe qui, si elles me donnaient de la valeur c’est parce que j’en avais. Alors j’ai appris à m’apprécier car les autres me montraient que j’avais de quoi être appréciée et c’est toute cette expérience là que j’ai mise dans mon programme de coaching et dans le travail que je fais.

 

 

Julien Kabangu : Quand vous avez senti ce déclic-là, de vous investir en tant que coach et venir en aide aux autres ?

Coach Blanchine : On va dire dans la profession du coach, vraiment dans la profession technique parce que le travail d’accompagnement je le faisais  depuis longtemps à l’église. J’en parle car c’est là que j’ai commencé à encadrer les gens, la jeunesse en particulier.

Après cela je suis partie en Afrique du sud et j’ai travaillé dans une ONG qui faisait ce genre de choses, avant c’était spirituel et un peu à l’improviste mais j’ai par la suite suivi des programmes pour aider les jeunes à parler de leurs problèmes comme les relations garçon-fille, des maladies sexuellement transmissibles, des viols et tout ça. D’où il fallait avoir l’art de parler avec quelqu’un pour le pousser à s’exprimer et se mettre en confiance pour le faire sortir d’un statuquo ou d’un problème pour l’emmener quelque part.

Et c’est cette expertise que j’ai  recommencé à mettre en pratique à mon retour à Kinshasa dans l’église mais il y avait des jeunes qui me demandaient autres choses comme accompagnement. En plus du travail, puisque je suis manager, j’ai dû apporter la partie du coaching, accompagnement pour développer les compétences. Et dans ma formation en ressources humaines, je sais ce qu’est le développement des compétences.

 

Julien Kabangu : Quelle différence existe-t-elle selon vous, entre ceux qui réussissent et ceux qui échouent ?

Coach Blanchine : Ceux qui réussissent, veulent toujours savoir plus et avoir mieux. Les gens qui échouent stagnent, se contentent de… Voyez-vous ? Par exemple celui qui travaille se contentera seulement des tâches qui sont dans sa description, par contre celui qui veut être promu réfléchira à comment faire plus, apprendra mieux, pour faire mieux.

C’est vraiment ça ! Je regarde les gens qui stagnent, qui prétendent mais qui n’y arrivent pas en fait. La dimension est de « jusqu’où es-tu prêt à aller ? » Trop peu ne donnent pas cette heure de plus, de fois je vais me coucher à 3 heures du matin, soit pour répondre à un client, revoir une présentation PowerPoint pour le lendemain, les autres pourraient se contenter du fait que c’est déjà bon.

Avoir cet esprit-là de vouloir toujours être plus, faire plus, connaître plus et  aller plus loin. Beaucoup se contenteront de la petite position mais ceux qui veulent réussir se démarquent des autres, font plus. C’est vraiment question de ce mot « Plus ».

Faire plus et être plus.

Julien Kabangu: Vous faites la différence en tant que femme dans votre domaine, ce qui est loin d’être le cas de beaucoup de femmes malheureusement, que pensez vous qu’il leur manque et qu’elles devraient impérativement avoir pour atteindre ce niveau?

Coach Blanchine: C’est de bien savoir cerner ce qu’elles sont, qui elles sont et ce qu’elles veulent faire. Moi je sais que je suis et c’est un parcours, ça demande un travail. Je me suis posée des questions et ayant obtenu des réponses, j’ai taillé tout ce que je savais pour manifester cette identité que j’ai découverte sur moi même.

Je suis aussi une femme d’actions, je ne me donne pas d’excuses, plusieurs personnes me demandent « madame Blanchine comment vous faites ?? ». Certains pensent que je suis juste employée quelque part, d’autres pensent que je suis coach à Source Créative et d’autres ne me connaissent que dans le cadre du ministère et très peu savent que j’ai toute cette panoplie là au fait.

Et juste par différence aux autres femmes,  je commence par les célibataires car les femmes mariées diront que je fais toutes ces choses parce que je suis encore célibataire mais je peux me mesurer aux femmes célibataires qui ont mon âge, je suis quelqu’un qui prend le temps de travailler dans les détails et c’est même ça la devise de ma compagnie « ensemble pour exceller », je cherche donc à toujours donner le meilleur, je refuse le moyen et beaucoup de femmes se contentent de… C’est toujours la même chose, beaucoup de femmes veulent juste jouer sur la beauté,  je prends cela en compte et la lie aux autres éléments pour que les gens ne disent pas qu’elle a cette position car elle a couché avec tel ou parce qu’elle est belle.

Un ami m’a dit que l’intelligence est sexy, je ne suis pas tombée dans ce piège d’être agressive, celle qui se bat avec les hommes  pour prouver qu’elle est la plus intelligente ou pas. Je me contente de juste dire que suis intelligente. Et mon intelligence n’est pas agressive ou destructrice.

je ne vois aucun un homme comme une compétition mais comme une complémentarité

 

Julien Kabangu : Parlons de votre routine et des multiples casquettes que vous avez, à quoi ressemble votre routine de travail ?

Coach Blanchine : Je me réveille avec le ministère des femmes que je conduis, qui est très actif sur whatsapp, on a donc un culte matinal, après m’être préparée je vais au travail, mes journées de travail sont celles où pendant les heures de pause, je fais dix mille choses en même temps.  16H quand je finis, je bascule dans Source Créative ou dans Camps des Précieuses, mes journées sont donc full de basculer d’une casquette à l’autre, c’est constamment le travail. Mais  le faire aussi par moment de manière détendue. Mes journées sont faites de planification, d’organisation, d’exécution, d’évaluation, de correction, voilà de quoi elles sont faites.

Julien Kabangu : Quels sont les objectifs de Source Créative et Camps des Précieuses pour cette année ?

Coach Blanchine : Pour Source Créative, c’est d’aller déranger les organisations et les individus à se remettre en question car l’année passée j’ai fini avec un constat que même dans les entreprises, du manager à l’employé lambda, les gens sont dans les apparences et n’ont pas la maîtrise de ce qu’ils sont sensés faire. Raison pour laquelle beaucoup d’entreprises au Congo n’évoluent pas tellement, il y a un besoin de se remettre en question, chacun devrait se poser la question « suis-je compétent à ce poste, sinon que dois-je faire pour acquérir les compétences nécessaires? ».

Pour les individus, si tu penses avoir besoin d’un coach cela signifie que tu crois pouvoir faire mieux et devenir plus. C’est ça notre mission cette année, d’accompagner les organisations à comprendre ce qui fait même le cœur de leur travail, de leur mission.

Au niveau de Camps des Précieuses en cette année nos thématiques sont « ce miracle, mon partage » donc ne pas être ce genre de chrétien qui pense qu’il suffit de prier pour vivre le miracle. Les miracles sont conditionnés, il y a un certain environnement qu’il faut créer, il y a des choses à faire, on incite beaucoup les femmes de notre ministère à être des femmes entreprenantes, pas des femmes qui restent assises à la maison ou des étudiantes qui ne font rien.

Nous les poussons à découvrir des idées et travailler sur les projets qu’elles ont, voir comment être non seulement une femme au foyer qui nourrit son mari et ses enfants, mais qui les développe et prépare le terrain au miracle de Dieu.

 

Julien Kabangu : Que diriez-vous à vos lecteurs et spécialement aux femmes en ce mois de Mars ?

Coach Blanchine : Je parlerais d’abord aux lecteurs hommes parce que beaucoup disent que nous parlons trop, etc. Je le dis car pour mieux aider il faut comprendre, il faut se mettre à la place de l’autre. Je prends toujours l’exemple de Christ, il ne pouvait être une solution pour l’humanité sans revêtir ce corps de chair, avoir faim, avoir soif, sentir comment le péché vient tirailler le corps.

Donc pour qu’un homme comprenne pourquoi les femmes demandent autant de choses, non seulement ça mais elles disent tant que c’est tant que l’équilibre vienne parce que l’on demande cela paraît comme si tout dépendait de l’autre, non. Nous les femmes devons-nous retrouver car il est question de complémentarité, donc aucun homme ne devrait être à l’aise de voir une femme ne pas être ce qu’elle est à cause des éléments de la société qui l’empêchent de s’épanouir.

Il y a des hommes qui aiment leur filles à tuer, alors imaginez qu’il y ait quelqu’un qui se batte chaque jour pour que votre fille ne soit rien, personne n’accepterai cela. Ils doivent voir chaque femme de la même manière, de fois les femmes  réclament mal, il y a des dynamiques de femmes auxquelles je n’adhère pas du tout.

Donc si tu trouves qu’elle réclame mal, montre lui comment elle peut rentrer dans ses droits au lieu de nier cela et dire que c’est du bruit, que l’on exagère car ce n’est pas le cas. Il y a une vraie pesanteur, de vrais blocages, de vrais combats, un vrai besoin de rétablir la justice dans ce sens-là.

Aux femmes je peux leur dire d’être à la hauteur de ce qui nous attend, pas de ce que nous demandons parce que l’on a des droits mais de comprendre le défis d’être femme et toute la richesse d’être femme, montrer au monde toute cette richesse. Comme en ce moment que nous échangeons vous ne vous sentez pas en danger, pas oppressé, plusieurs  femmes devraient se déployer dans ce sens-là pour que non seulement les hommes, mais que la société se sente en sécurité avec de telles femmes.

Que les entreprises soient heureuses d’engager des femmes qui apporteront un plus, que les hommes soient heureux d’avoir une femme, une mère car c’est des personnes qui ajoutent à leur vie. C’est donc ça, il y a beaucoup d’opportunités qui se présentent devant nous mais sommes-nous à la hauteur? Car il faut le dire, beaucoup de femmes sont dans les apparences, nous devons encore travailler sur nous-mêmes.

 

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